Couronne de l’Impératrice Eugénie, et son coffret

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Couronne de l'impératrice Eugénie, par Alexandre-Gabriel Lemonnier © RMN, musée du Louvre / Stéphane Maréchalle

Les Diamants de la Couronne de France, trésor inaliénable incarnant la puissance de la monarchie, survécurent à tous les régimes de l’histoire nationale, depuis leur institution en 1530 par François Ier jusqu’au Second Empire. Comme tous les monarques français, Napoléon III souhaita utiliser ce fabuleux trésor. Il demanda à quelques joailliers de créer de nouvelles parures pour l’Impératrice à partir des bijoux à leur disposition et commanda à Alexandre-Gabriel Lemonnier (v.1818-1884) les deux couronnes impériales. En 1853, Lemonnier exécuta une première couronne avec les pierres de celle de Charles X (ce sont elles que l’on voit sur les portraits officiels de l’Empereur et de l’Impératrice par Winterhalter) avant d’être remplacée en 1855 par une seconde couronne plus simple. La couronne de l’Impératrice, conçue sur le même modèle que celle de l’Empereur, mais plus petite et plus légère, est composée par des arceaux formés par les ailes de huit aigles en or ciselé alternant avec huit palmettes prolongées par une grande palme. Elle fut enrichie de 102 brillants provenant des bijoux de la Couronne auxquels le joaillier fit ajouter 1252 brillants et 56 émeraudes payés sur la cassette impériale. Livrés en août 1855, ces joyaux permirent à Lemonnier d’obtenir une médaille d’argent à l’Exposition universelle pour « couronnes impériales d’un goût simple, d’un bon dessin, d’une exécution soignée ».

En août 1870, les Diamants de la Couronne furent transportés à Brest où ils restèrent après la chute du régime jusqu’en 1872, puis furent conservés dans les caves du ministère des Finances. Présentés à l’Exposition universelle de 1878, ils furent montrés une dernière fois en 1884 au Louvre. Le 11 janvier 1887, une loi d’aliénation des Diamants de la Couronne fut prononcée et l’inestimable trésor mis en vente au mois de mai suivant. Les pièces les plus prestigieuses furent heureusement exclues de la vente mais nombre de chefs-d’œuvre et de pierres historiques furent dispersés et disparurent comme la couronne de Napoléon III. La couronne d’Eugénie ne subit pas le même sort. Rendue à l’Impératrice par la Troisième République après 1875, elle fut léguée par elle à la princesse Marie-Clotilde Napoléon. Mise en vente en 1988, la couronne fut offerte par un couple de mécènes au musée du Louvre où elle rejoignit les autres joyaux du trésor.

Karine Huguenaud, février 2004

Coffret, fermé, pour la couronne de l'impératrice Eugénie © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Coffret, fermé, pour la couronne de l’impératrice Eugénie © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

 

Coffret, ouvert, pour la couronne de l'impératrice Eugénie © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Coffret, ouvert, pour la couronne de l’impératrice Eugénie © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Date :
1855
Technique :
Or, vermeil, diamants, émeraudes
Dimensions :
H = 13 cm, Diam. = 15 cm
Lieux de conservation :
Paris, musée du Louvre, ancienne collection des Diamants de la Couronne, don de M. et Mme Roberto Polo - Numéro d'inventaire : OA11160
Crédits :
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
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