Maquette du Palais de la Bourse de l’architecte Brongniart

Artiste(s) : FOUQUET Jean-Pierre
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Palais de la Bourse, model © RMN - musée Carnavalet

Le Palais impérial de la Bourse s’inscrit dans un double programme, politique et architectural, pensé par Napoléon Ier.

Dès son arrivée au pouvoir avec le coup d’État du 18-Brumaire, Napoléon s’attache à reconstituer les institutions politiques d’une France bouleversée par la décennie révolutionnaire. Mais en matière économique et financière, l’œuvre de Napoléon est également fondamentale, d’autant que nombre d’organisations vont s’avérer pérennes. C’est ainsi qu’il crée la Banque de France (13 février 1800) qui aura le monopole de l’émission des billets (avril 1807), rétablit des bourses du commerce (9 mars 1801), réorganise des professions comme celles d’agents de change et de courtiers (19 mars 1801), installe 22 chambres du commerce (24 décembre 1802), instaure le bimétallisme (7 avril 1802), fait publier un Code du commerce le 10 septembre 1807 et crée la Cour des comptes (16 septembre 1807).
Surveillance (désormais assurée quotidiennement par un commissaire de police) et efficacité de l’activité boursière imposent de mettre fin à son errance et de choisir un lieu unique et approprié.
Après avoir été abritée, entre 1794 et 1807, au Louvre, au Palais-Royal, dans l’église désaffectée des Petits-Pères (aujourd’hui Notre-Dame des Victoires), la Bourse impériale s’inscrira désormais fièrement dans le paysage urbain de la capitale, dans un édifice érigé sur l’enclos des Filles-Saint Thomas (décret du 15 mars 1808). Le choix de cet espace n’est pas anodin, dans un quartier des affaires où se développe aussi la Banque de France près de la place des Victoires. Le nouveau bâtiment doit être construit sur un emplacement isolé, pour le mettre en valeur, et avoir l’apparence d’un temple antique, simple et beau. Ainsi, selon le goût de l’Empereur, ce nouveau Temple de l’Argent doit former un triptyque monumental emblématique avec le Temple de la Gloire, que devient l’église de la Madeleine, et le Temple des Lois, un Palais Bourbon dont la façade fut ornée d’une colonnade à l’antique par Bernard Poyet (1742-1824).

Projet d'aménagement aux abords de la Bourse : rue et place (1812) © Fondation Napoléon / I. Delage

 

C’est l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) qui est choisi pour construire ce qui sera « l’un des plus beaux et des plus importants monuments du règne présent » selon les mots de Pierre Fontaine, l’architecte préféré de Napoléon. Brongniart s’inspire du temple vespasien construit à Rome dans les années 80, et de la Maison carrée de Nîmes (le carré long, ou rectangle, étant le carré parfait depuis le XVIe siècle), pour proposer un temple périptère, de style corinthien. Une maquette est réalisée par le modeleur Jean-Pierre Fouquet, pour être présentée au Salon de 1808, maquette qui présente un projet différent de la réalisation finale. Par ailleurs, Brongniart a pour projet de dégager devant la Bourse une place, et de circonscrire l’espace avec une colonnade. On devait accéder à la place par deux portes monumentales se faisant face rue Vivienne : un dessin conservé au musée Carnavalet révèle l’ensemble. Enfin, la rue Vivienne elle-même devait être prolongée vers le nord, pour aller du Palais royal jusqu’au boulevard Montmartre.
Au 1er janvier 1812, le bâtiment s’élève seulement jusqu’au stylobate, et sur les 6 millions estimés nécessaires, un peu moins d’1,7 million a été dépensé. À la mort de Brongniart en 1813, Eloi Labarre (1764-1838) est choisi pour reprendre le chantier. Les travaux sont interrompus en 1815, pour reprendre en 1821. La Bourse des valeurs est inaugurée le 4 novembre 1826 par le préfet de la Seine, Chabrol. Elle accueille aussi le Tribunal de commerce, jusqu’alors installé rue Saint-Méri, et la Chambre de commerce, sise à l’Hôtel de Ville depuis sa création en 1803.

Quatre statues ornent les angles à partir de 1851, puis des agrandissements conduits par Jean-Baptiste-Frédéric Cavel, entre 1902 et 1907, transforment le plan d’origine en une croix latine, le bâtiment est également coiffé d’une verrière et enclos d’une grille en fonte.
Le bâtiment est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1987.


Irène Delage, février 2016

Cette maquette a été présentée lors de l’exposition « Napoléon et Paris, rêves d’une capitale » au musée de Carnavalet (8 avril-30 août 2015).

Date :
1807
Technique :
Plâtre
Dimensions :
H = 11 cm, L = 26 cm, P = 42 cm
Lieux de conservation :
Musée Carnavalet, ParisINV. PM 52
Crédits :
© Musée Carnavalet
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