Nécessaire de la duchesse d’Otrante

Artiste(s) : BIENNAIS Martin-Guillaume
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© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

Ce nécessaire fut offert par Joseph Fouché, duc d’Otrante (1759-1820), à sa future épouse, Ernestine de Castellane (1788-1850), quelques jours avant leurs noces le 1er août 1815. C’est au fournisseur officiel de la cour impériale, Martin-Guillaume Biennais, que Fouché commanda ce luxueux cadeau de mariage. Tabletier, ébéniste, et orfèvre, Biennais avait installé son enseigne « Au Singe Violet » rue Saint-Honoré. Une de ses spécialités résidait dans la production de nécessaires, coffrets transportables d’où leur appellation commune de « nécessaires de voyage », de taille variable, qui contenaient un maximum d’éléments dans un minimum d’espace. Napoléon possédait plusieurs de ces grands nécessaires en vermeil ou en argent (musée Carnavalet, musée du Louvre) ou dits de portemanteau pour les plus petits.

D’un raffinement extrême, le nécessaire commandé par Fouché rassemble soixante-quinze pièces dans un coffret en acajou creusé, orné sur le couvercle d’une frise de palmettes et de lyres, d’un écu gravé du monogramme CF sous couronne ducale entouré de lauriers et, sur la tranche, de motifs de rinceaux et de griffons. L’intérieur du coffret est organisé de façon symétrique autour du bassin central contenant un calotin à trois plateaux sur lesquels chaque ustensile nécessaire aux  repas, à la toilette et aux travaux de couture, vient s’emboîter très exactement dans l’emplacement qui lui est destiné. Autour sont répartis une multitude de petits objets, boîtes, étuis, flacons, et les différents éléments d’un tête-à-tête comportant tasses et soucoupes, théière et passoire, cafetière, chocolatière, réchaud, boîte à thé, aiguière, le tout en vermeil ciselé et gravé d’un décor à l’antique d’une frise de personnages mythologiques (Trois Grâces, Amours, paons, etc.) ou de motifs de palmes, feuilles de lotus et feuilles d’eau. Leur agencement dans le coffret témoigne de la virtuosité de Biennais, le mauvais positionnement d’une pièce empêchant la fermeture du couvercle. Un tiroir latéral abrite une écritoire portative avec ses deux encriers, un porte-plume et un compas, ainsi qu’une boîte secrète. Enfin, l’intérieur du couvercle qui accueille un miroir octogonal se débloque par un petit bouton et révèle un ensemble de portefeuilles en maroquin rouge et vert doré au fer.

Karine Huguenaud, mars 2005

Ce nécessaire fait partie des Chefs-d’œuvre de la Collection de la Fondation Napoléon.

Date :
1815
Technique :
acajou, argent doré, ébène, or, ivoire, cristal, maroquin, bronze et cuivre doré
Dimensions :
H = 25 cm, L = 40 cm, P = 30 cm
Lieux de conservation :
Paris, Fondation Napoléon
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