Nef de l’Empereur

Artiste(s) : AUGUSTE Henry
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La proclamation de l’Empire en 1804 voit le rétablissement d’un cérémonial régissant tous les aspects de la vie officielle du souverain et de la cour. « L’Etiquette du Palais impérial » rédigée par M. de Ségur, grand maître des cérémonies, n’omet aucun détail du protocole et les « Repas de Leurs Majestés » sont eux aussi soumis à des règles précises. Trois types sont prévus : le grand couvert, le petit couvert et le service dans les appartements intérieurs. Renouant avec la tradition monarchique d’Ancien Régime, le grand couvert, réservé aux événements majeurs, nécessite une vaisselle d’apparat répondant à la dignité impériale. Ce service prestigieux est offert à l’Empereur par la Ville de Paris à l’occasion du sacre. Commandé fin septembre 1804 par le préfet de la Seine, Frochot, à l’orfèvre Henry  Auguste, il est réalisé en deux mois par 150 ouvriers et la remise officielle du somptueux présent se déroule le 16 décembre suivant, jour de la fête donnée en l’honneur des souverains à l’Hôtel de Ville.

Composé de 1069 pièces, le Grand Vermeil orne la table impériale lors des plus fastueuses célébrations de l’Empire comme lors du banquet de mariage de Napoléon et de Marie-Louise. Seules 24 pièces de cet ensemble exceptionnel sont parvenues jusqu’à nous, parmi lesquelles cette nef de l’Empereur. Apparue au XIVe siècle, la nef est un élément majeur du décor des tables royales ; elle conservait à l’origine des épices puis des serviettes entre des coussins de senteurs. La nef de l’Empereur, tout comme celle de l’Impératrice qui lui fait pendant, présente une forme de vaisseau par allusion aux armes de la ville de Paris. Portée par les deux figures de la Seine et de la Marne assises sur un socle présentant des aigles et le N impérial, elle est ornée à la poupe des figures allégoriques de la Justice et de la Prudence veillant sur la couronne de Charlemagne et, à la proue, d’une Renommée. Sur les flancs et à l’arrière, trois bas-reliefs : le couronnement de l’Empereur ; la remise du service par Frochot et les douze maires d’arrondissements ; les douze municipalités parisiennes. Le couvercle est parsemé d’abeilles. De même forme, la nef de l’Impératrice diffère par les allégories et les bas-reliefs faisant allusion à la générosité de la souveraine et à son inclination pour les arts.

Karine Huguenaud, novembre 2002

Date :
1804
Technique :
vermeil
Dimensions :
H = 0,680 m, L = 0,720 m
Lieux de conservation :
Musée national du château de Fontainebleau - Musée Napoléon Ier
Crédits :
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