Tabatière contenant une feuille d’or de la couronne du Sacre

Partager
© RMN

Le 2 décembre 1804, la cathédrale Notre-Dame de Paris fut le théâtre du sacre de Napoléon Ier. Pour répondre à la grandeur de cette cérémonie, un soin tout particulier avait été porté aux insignes impériaux. Aux « honneurs de Charlemagne « , anciens ornements en partie reconstitués du Sacre des rois de France, s’ajoutèrent les « honneurs de l’Empereur ». Couronne, sceptre, main de justice, globe crucifère, collier de la Légion d’honneur, anneau d’émeraude formèrent ces « régalia » spécialement réalisés pour la cérémonie par l’orfèvre Biennais (à l’exception de l’anneau monté par Marguerite). Avec le manteau impérial de velours pourpre semé d’abeilles d’or et doublé d’hermine, la tunique de soie blanche et sa ceinture, la cravate en dentelle, les souliers et les gants blancs brodés d’or, cet ensemble composait le « grand habillement » revêtu par Napoléon avant son entrée dans la cathédrale, tenue immortalisée par David, Ingres, Gérard ou Girodet. Ces tableaux témoignent de ce que fut la magnificence de ces insignes aujourd’hui en partie disparus. Déposés à Notre-Dame où le public pouvait les admirer facilement, ils furent en effet enlevés en 1815 et fondus en 1819 à la Monnaie de Paris. Un lingot d’or ! Triste sort pour la célèbre couronne de laurier bénie par le pape avec laquelle Napoléon se couronna lui-même dans le chœur de Notre-Dame.

Une feuille d’or subsiste de cette couronne à l’antique composée à l’origine de 44 grandes feuilles, de 12 plus petites et de 42 graines montées sur un bandeau ovale garni de velours et s’ouvrant à l’arrière par une agrafe. Elle fut offerte par Napoléon au peintre Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) qui narre l’anecdote : « A Saint-Cloud en 1805, avant le départ pour Milan, j’essayais à l’Empereur la couronne royale qui devait surmonter celle de laurier du Sacre à Notre-Dame ; une feuille se détacha. J’allais la remettre au Ier Chambellan. Sa Majesté me dit, gardez-la comme souvenir de votre maladresse ». Souvenir d’une maladresse mais aussi hommage rendu à celui qui avait joué un rôle important dans les préparatifs du sacre : dessins des costumes, explications et répétitions de la cérémonie avec des poupées de bois, maquillage de Joséphine et, plus tard, dessins pour Le Livre du Sacre. En 1852, Isabey fit exécuter cette tabatière par les joailliers Leferre afin de mieux conserver la précieuse relique.

Karine Huguenaud, février 2002

Date :
1804 (feuille) 1852 (tabatière)
Technique :
thuya, écaille, or
Dimensions :
H = 0,02 m, L = 0,102 m, P = 0,045 m
Lieux de conservation :
Musée national du château de Fontainebleau - Musée Napoléon Ier
Crédits :
© RMN
Partager