Le général Bonaparte et son chef d’état-major le général Berthier à la bataille de Marengo

Artiste(s) : BOZE Joseph, LEFEVRE Robert, VERNET Carle
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Le général Bonaparte et son chef d’état-major le général Berthier à la bataille de Marengo
Le général Bonaparte et son chef d'état-major le général Berthier à la bataille de Marengo
© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

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La victoire de Marengo fut célébrée par une pléthore d’œuvres, commandes de tableaux et de sculptures relevant de la propagande officielle ou initiatives privées d’artistes soucieux de s’attirer les bonnes grâces du vainqueur et nouveau maître de la France. C’est à la seconde catégorie qu’appartient cette grande toile exécutée sans doute peu de temps après la bataille du 14 juin 1800. Dès son achèvement, elle fut exposée par Joseph Boze à Amsterdam et à Londres, l’artiste se présentant comme l’unique auteur de la composition. Quand la nouvelle parvint en France, une violente polémique s’ensuivit dans les journaux. Déniant la paternité du tableau à Boze, le peintre Robert Lefèvre s’insurgea dans le Moniteur Universel en date du 11 thermidor an IX (31 juillet 1801). C’est l’épouse du peintre, la citoyenne Boze, qui se chargea de la défense de son mari, réfutant les accusations et confirmant ce dernier comme « l’auteur du plan, du dessin et de l’exécution des principaux personnages ». Dans sa réponse, Robert Lefèvre cite plusieurs témoins, Carle Vernet bien sûr, mais aussi Guérin, Landon, Mérimée ou Van Dael, pouvant attester du contraire. Le conflit semble s’arrêter là, du moins publiquement, et le tableau resta entre les mains de Boze.

Portraitiste de Louis XVI et de la famille royale, Boze tenta peut-être cette supercherie pour sortir de l’oubli après la tourmente révolutionnaire qui lui fit passer plusieurs mois en prison et connaître ensuite l’exil. Le scandale passé, il retomba dans l’anonymat avant de reprendre quelques activités sous la Restauration.

Abus de confiance ou rivalité d’artistes, la querelle avec Robert Lefèvre conserve son mystère. La collaboration semble pourtant réelle – les deux artistes avaient l’habitude avant la Révolution de travailler ensemble sur des portraits en pied -, et  les visages de Bonaparte et de Berthier portent indéniablement la pâte de Boze. La part de Carle Vernet semble plus conséquente aussi que la scène de bataille, d’ailleurs inachevée, reconnue par Robert Lefèvre. Le beau groupe des chevaux et du hussard lui doit beaucoup. Une certitude enfin dans ce tableau qui n’a pas fini de livrer ses secrets, la jument à la robe baie a été identifiée. Il s’agit de La Belle, effectivement montée par Bonaparte lors de la bataille de Marengo, qui avait la faveur des artistes et fut utilisée comme modèle à de multiples reprises, notamment par David pour l’une des versions du célèbre Passage du Grand-Saint-Bernard.

Karine Huguenaud
2004

Ce tableau a été mis en dépôt au musée de l’Armée en 2012 par la Fondation Napoléon.

Date :
1800-1801
Technique :
huile sur toile
Dimensions :
H = 2,89 m, L = 2,32 m
Lieux de conservation :
Paris, Fondation Napoléon
Crédits :
© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier
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