Musée A Bandera – Ghisonaccia

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Musée A Bandera – Ghisonaccia
Musée A Bandera - Ajaccio

En février 1979 naissait l’association A Bandera dont l’ambition était de promouvoir la connaissance de l’histoire militaire de la Corse. A terme son objectif était d’assurer la diffusion de ses recherches au moyen de publications et de conférences mais aussi par la création d’un musée et la réalisation d’expositions temporaires. Ce musée existe depuis 1989 et il constitue une initiation intéressante à la découverte de l’âme et de la culture corses.

Le musée d’Histoire Corse Méditerranée « A Bandera » est aisément repérable de l’extérieur par la fresque polychrome de sa façade où sont représentées les trois plus illustres figures de l’île, Sampiero, Paoli et Bonaparte. Il présente une rétrospective complète de dix mille ans de luttes et d’échanges avec des conquérants venus d’Europe et de toute la Méditerranée. A partir de panneaux explicatifs très pédagogiques, de documents divers, d’armes, d’uniformes et de costumes, de figurines et de dioramas, le musée retrace l’histoire tumultueuse de l’ile et de ses habitants.

La première salle est consacrée à la préhistoire, à l’Antiquité et au Moyen-Âge. La seconde présente la marine et la piraterie sarrasines et barbaresques ainsi que la domination gênoise. L’évocation du XVIIIe siècle débute avec la troisième salle. La République paoline et la conquête française y sont largement expliquées tandis que des documents de toute nature viennent étayer les explications écrites : cachet personnel de Paoli, épreuve du manifeste imprimé corrigé de la main de Paoli, lettre de Louis XV au Conseil supérieur de la Corse le 20 décembre 1769, diorama de la bataille de Ponte Nuovo le 8 mai 1769, balles de la bataille, buste de Paoli, maquette de la porte d’Ajaccio en 1770, armes du royaume anglo-corse, armes, stylets, pistolets et gravures.

La quatrième salle est réservée à l’histoire du Premier et du Second Empire. Différents documents (armes, uniformes) sont étonnamment associés à des maquettes du Canot de l’Empereur (utilisé lors de la visite d’Anvers avec Marie-Louise) et de la Belle-Poule (Retour des Cendres de Napoléon). Il est à noter un panneau consacré au général Morand, le détesté commandant en chef de la Corse de 1801 à 1809.
Le Premier Empire n’est finalement que superficiellement évoqué et il faut sans doute imputer cette situation à l’exiguïté des locaux qui ne permettent pas d’exposer l’ensemble des collections notamment en ce qui concerne les uniformes. Le Second Empire occupe une place plus importante avec de nombreux extraits de journaux dont une savoureuse série de caricatures, La Ménagerie impériale, nous présente les protagonistes du pouvoir impérial sous forme animale (Napoléon le Vautour, Morny le Renard, Haussmann le Castor, Persigny le Singe, etc.).
Le Prince Impérial tient une place particulière dans cette évocation avec tout un ensemble de documents consacrés à sa mort tragique en Afrique du Sud. On y remarque entre autres son épée d’apparat. Bustes, gravures, articles de journaux, uniformes de zouave, de gendarme et de cantinière forment le reste de cette présentation. La dernière salle retrace la période contemporaine et notamment le destin de la Corse lors des deux dernières guerres mondiales.
Depuis sa création, le musée a organisé une cinquantaine d’expositions thématiques depuis l’histoire des invasions barbaresques, celle des Iles sanguinaires jusqu’à la Première guerre mondiale, les Bandits, l’Armée d’Afrique, l’histoire des femmes corses et bien sûr Pascal Paoli et l’État corse, Le général Abbatuci, Napoléon en Méditerranée et le Second Empire.

Le musée a déménagé en 2016 dans la ville de Ghisonaccia

Karine Huguenaud

Juin 1998 – mise à jour : mai 2019

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