Parure de malachite dite de Joséphine

Artiste(s) : NITOT & Fils
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Parure de malachite dite de Joséphine. © Fondation Napoléon

Attribuée aux joailliers Marie-Étienne Nitot et François-Régnault Nitot (fils du précédent), cette parure se compose de camées en malachite, de perles fines, d’or jaune et d’écaille, le tout monté en deux colliers, une paire de bracelets, un diadème, une broche, un pendentif et six épingles.
Variation sur le thème de la figure antique, ses camées montrent des profils féminins ou masculins, à l’exception de trois têtes vues de face sur les deux colliers et la broche (qui pourrait représenter un portrait de Joséphine).

Broche avec camée en malachite qui pourrait représenter Joséphine. © Fondation Napoléon

Cet ensemble est très représentatif du style de bijoux en vogue au début du XIXe s. : Joséphine de Beauharnais avait un goût prononcé pour les bijoux fantaisie et contribua fortement à les mettre à la mode dès le Consulat. Parmi les pierres semi-précieuses qu’elle affectionnait, la malachite est bien représentée, comme le montre son inventaire après décès : « n°115 Item un collier et boucles d’oreilles malachite, prisés trois cents francs (sic) ».

Un doute subsiste néanmoins sur l’identité de la propriétaire de ces bijoux.
D’une part, le fait que le camée de la broche puisse représenter Joséphine rend peu probable qu’elle s’en soit parée, malgré toute la vanité de caractère que ses détracteurs pouvaient lui prêter. D’autre part, l’écrin en maroquin rouge qui protège la parure a été conçu plus tardivement que celle-ci et porte l’inscription « A » sous couronne. Il pourrait donc s’agir d’un cadeau que l’impératrice Joséphine aurait pu faire à sa belle-fille, Augusta-Amélie, vice-reine d’Italie en tant qu’épouse d’Eugène de Beauharnais.

Écrin de la parure de malachite dite de Joséphine © Fondation Napoléon

Cette hypothèse est corroborée par l’existence d’un collier, connu sous le nom de « chaîne gothique », conservé au musée de Malmaison dans un écrin en maroquin similaire et portant la même initiale « A » sous couronne, ainsi qu’un numéro d’ordre (n°42) et le titre de l’objet.  Cette chaîne gothique fut certainement un présent de l’impératrice Joséphine à sa petite-fille née en 1812 : la princesse Amélie, fille d’Eugène et d’Augusta-Amélie. On peut donc imaginer que ces écrins aient été conçus afin de contenir les cadeaux de l’Impératrice pour la naissance de cette petite-fille de Joséphine même si, en l’état actuel des recherches, aucune certitude n’est permise. Un fait demeure : cette parure de malachite, issue du « giron Beauharnais », reste  exceptionnelle puisque très peu d’exemplaires de parures de cette époque nous sont parvenus au complet, qui plus est dans leur écrin.

Karine Hugueneau et Marie de Bruchard, octobre 2018

Dimensions
Hauteur : Collier : H. 4 ; L. 45,3 cm ; Ceinture : H. 3,5 ; L 35,5 cm ; Bracelets : H. 2 ; L. 17,6 cm ; Diadème : H. 4 ; L. 15 cm ; Broche : H. 3,8 ; L. 9,5 cm ; Épingles aux petits camées : H. 5,3 ; L. 1,6 cm ; Épingles aux grands camées : H. 5,3 ; L. 2,3 cm ; Épingle aux perles : H. 5,8 ; L. 2 cm

Date :
Empire
Technique :
camées en malachite, perles fines, or jaune, écaille, maroquin rouge
Lieux de conservation :
Paris, Fondation Napoléon, inv. 973 (donation Lapeyre ; acquisition en 1979 et 1980 (pour le grand collier) par Martial Lapeyre à New York chez Sotheby’s)
Crédits :
© Fondation Napoléon
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