Louis-Napoléon Bonaparte en Prince-Président

Artiste(s) : LE GRAY Gustave
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Portrait du Prince-Président, par G. Le Gray © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola

Le 11 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu (premier, et seul) président de la IIe République, au suffrage universel masculin. C’est depuis l’Élysée-National (palais de l’Élysée choisi par l’Assemblée pour être la demeure officielle du président de la République) que le futur empereur prépare le coup d’État du 2 décembre 1851, la dissolution de l’Assemblée et l’annonce d’une nouvelle constitution étant les premières étapes dans la perspective du rétablissement du régime impérial, un an plus tard (après le plébiscite favorable des 21 et 22 novembre 1852, le sénatus-consulte du 7 novembre rétablissant l’Empire est promulgué le 2 décembre).

Sollicité à partir de 1852 pour des commandes officielles, Gustave Le Gray (1820-1884) va ainsi photographier le Prince-Président dans sa marche vers l’Empire. L’œuvre présentée ici (une épreuve sur papier salé à partir d’un négatif papier, technique qui permet la reproduction) va en devenir le premier portrait officiel : compensant la simplicité de son habit bourgeois, le futur Empereur prend la pose, assis bien droit, offrant ainsi l’image d’un homme affirmé. La photographie a sans doute été prise au Palais des Tuileries, où le Prince-Président s’installe en janvier 1852.

Longtemps cantonnée en France à l’usage contraignant du daguerréotype mis au point en 1839, la photographie prend un essor remarquable avec l’invention conjointe, en 1850-1851, du négatif sur verre au collodion par Gustave Le Gray et Frederick Scott Archer (qui permet notamment la prise de vue en lumière naturelle et un temps de pose plus court)*, et une conjoncture économique et politique favorable à un épanouissement artistique et au développement d’un marché. Sensible aux développements des techniques, industrielles comme artistiques, de la deuxième moitié du XIXe siècle, le Prince-Président (puis l’Empereur) ne manque pas d’utiliser la photographie comme nouveau médium de propagande, politique comme dynastique : portraits du couple impérial, du Prince impérial, campagnes photographiques patrimoniales (missions scientifiques en France, en Europe) comme du camp de manœuvres de Châlons, voyages impériaux, albums de portraits de dignitaires (Album des membres du congrès de Paris, 1856).

Irène Delage, décembre 2016

Pour en savoir plus :
*À lire, Des photographes pour l’empereur. Les albums de Napoléon III, Sylvie Aubenas (dir.), Bibliothèque nationale de France, 2004
À voir, le photographe Gustave Le Gray.
À voir, La naissance de la photographie, album-dossier sur le site l’Histoire par l’image.

Date :
1852
Technique :
Épreuve sur papier salé à partir d'un négatif papier
Dimensions :
H = 20,3 cm, L = 14,3 cm
Lieux de conservation :
Sèvres, Cité de la céramique, Numéro d'inventaire : F-S1-1852-n1
Crédits :
© RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola
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