La Mode « à l’Antique »

Sous l’Empire, la mode, plus particulièrement féminine, s’inspire largement de références gréco-romaines, suivant la mode lancée au moment de l’après-Révolution, on s’habille alors selon le terme usité « A l’Antique ». Un goût qui se retrouve aussi dans le mobilier et les arts décoratifs.

La silhouette féminine est devenue, avec le style antique, fluide, libérée du corset* et adopte une taille haute (sous la poitrine) d’où part, avec un plissé naturel, le bas de la robe pour donner une grande liberté de mouvement et s’inspire ostensiblement des korês grecques ou des statues romaines de marbre blanc. Elle se généralise largement à Paris.

Cette référence à l’Antiquité se retrouve aussi dans la coiffure. Les coiffures sont dites « en almées » (du nom des danseuses égyptiennes), « en comètes », « à la grecque », « à la romaine », « à la gauloise », « à la glaneuse », « à l’Agrippine » ou « à la Phèdre » pour les femmes ou encore « à la Titus » (cheveux courts coiffées vers le visage en référence à un rôle de Talma) pour les hommes ou pour les plus audacieuses. Le grand coiffeur à la mode, Bertrand s’en fait le spécialiste et récite à l’envi à sa cliente en les coiffant, la vie des Douze Césars. Les cheveux sont bien souvent relevés en chignons savants projetés vers l’arrière avec force tresses et boucles formant des « crochets » sur le front ou sur les tempes.

Et comme il devient de bon ton de changer plusieurs fois de coiffures dans la journée, les perruques refont leur apparition et permettent des coupes courtes à toutes celles qui n’osent pas encore sauter le pas des ciseaux.

Les accessoires, indispensables aux femmes, se plient eux aussi au style antique. Les chapeaux par exemple prennent la forme de casque « à la Minerve », très emboitants ou qui se développent en longueur.

Emmanuelle Papot (mai 2010)


Les termes avec * sont définis dans notre lexique de la mode.

Source

– Nathalie Harran, La Femme du Directoire au Ier Empire, Ed. errance, 2010
– Philippe Séguy, L’Histoire des modes sous l’Empire, Tallandier, 1988