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La Grande Armée de Napoléon Ier (2)

En 1813, Napoléon pourra compter sur plus d'un million de soldats : la Grande Armée réunit des régiments français mais aussi étrangers, polonais, hollandais, italiens et espagnols.  

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L’uniforme
L’uniforme du soldat pour les campagnes militaires est constitué principalement d’une culotte ou un pantalon, d’une chemise et d’une veste ou un habit-veste garnie d’épaulettes. Les soldats à pied portent aussi des guêtres blanches, noires ou grises, qui protègent le bas de leurs jambes. Une capote ou manteau est bien utile pour se protéger du froid et s’y enrouler pour dormir. Les vêtements sont faits en drap de laine, chauds mais très perméables à la pluie. Les cuirassiers portent une cuirasse en fer, maintenu par des liens en cuir, qui les protègent des coups des ennemis.
Le couvre-chef distingue les régiments les uns des autres. On reconnaît bien le casque en fer ou en cuivre des dragons avec une crinière. Les soldats d’infanterie portent plus simplement un chapeau, orné d’une cocarde aux couleurs nationales bleu-blanc-rouge.
Outre les armes et tout ce qui sert à leur utilisation (poudre, cartouche, baïonnette) et à leur entretien, l’un des éléments indispensables de l’équipement du soldat sont ses… chaussures, ou ses bottes. Les marches sont longues pour aller d’une ville à l’autre, d’un champ de bataille à l’autre, et un des éléments de victoire est de surprendre l’adversaire en se déplaçant plus vite que lui. Que ce soit pour l’uniforme ou les chaussures, l’équipement de l’armée est une grande charge pour le budget de l’Etat, et les soldats ne sont pas toujours bien équipés. Alors on n’hésite pas à prendre les chaussures des morts sur les champs de bataille.
 

L’équipement
Chaque soldat porte un sac à dos ou havre-sac, pesant jusqu’à 30 kilos, avec ses habits, une couverture, de la nourriture (pain, viande, vin et eau de vie), son tabac. Les repas sont servis 2 fois par jour, les soldats chassent du gibier ou réquisitionnent auprès des paysans de quoi se nourrir (légumes, viandes, oeufs, farine, etc.). Le soir, au coin du feu ou lors de journées sans combattre, certains jouent d’un instrument de musique et chantent, d’autres sachant lire et écrire, racontent leurs souvenirs dans un petit carnet ou écrivent les lettres de leurs camarades pour leurs familles. D’autres encore préfèrent sculpter de petits objets en bois, parfois une petite statuette de Napoléon. Lors des campagnes militaires, les soldats dorment le plus souvent à la belle étoile, ou sous un abri fait avec des branchages, parfois dans la grange d’une ferme. Les officiers dorment sous une tente ou chez l’habitant.

Sur les champs de bataille
Avant la bataille, un discours de Napoléon est parfois lu aux soldats. Puis les généraux et leurs aides de camp répartissent leurs régiments sur le terrain suivant les ordres de l’Empereur. Pendant les combats, les ordres sont aussi transmis par les musiciens, tambours et trompettes : assez injustement les soldats les appellent les « loin-des-balles » bien qu’ils risquent leur vie comme la plupart des militaires.
Suivant le terrain et l’organisation de l’ennemi, les différentes armes interviennent à des moments et des lieux différents. L’artillerie entre en jeu là où l’ennemi paraît faible et envoie des boulets de 7 à 12 kilos. L’infanterie est chargée de tirer sans cesse et pour cela mobilise beaucoup de soldats : ils sont organisés sur 3 rangs les uns derrière les autres, et chaque rang intervient chacun son tour car il faut plus d’une minute pour charger un fusil et tirer. Enfin la cavalerie charge pour déséquilibrer les soldats ennemis. Avec la fumée des canons, les soldats ne voient souvent rien de plus que le dos du soldat devant eux !

Les blessés sont ramassés par des ambulances volantes, un système de véhicule léger qui se déplace facilement que le grand chirurgien Larrey a organisé. Les soins sont effectués le plus rapidement possible mais ils sont rudimentaires. Ils consistent le plus souvent à l’amputation, alors que l’anesthésie générale n’est pas encore pratiquée. De nombreux blessés meurent des suites de leurs blessures, car les progrès de la médecine ne sont pas assez avancés pour éviter les infections.
Sur l’ensemble des campagnes napoléoniennes de 1799 à 1815, on estime les pertes humaines à 900 000 soldats. La Première mondiale, qui a duré 4 ans, a fait  1,4 million de morts, mais avec des pratiques nouvelles redoutables : bombardements aériens, utilisation de gaz toxiques par exemple.

Illustrations
En haut, Napoléon porte comme à son habitude un simple uniforme de colonel de grenadier de la Garde impériale. (Portrait fait par le peintre Gérard, musée de l’île d’Aix © RMN)
Au centre, uniforme d’un sapeur du Génie : le sapeur travaille sous les ordres des ingénieurs afin de construire ponts et fortifications. (Portrait fait par Delpech, musée de l’Armée de Paris © RMN)
En bas, uniforme d’un canonnier de la Garde impériale : le canonnier est le militaire qui manoeuvre les canons. (Portrait fait par Delpech, musée de l’Armée de Paris © RMN)

I. Delage, septembre 2008

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