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Joachim Murat, roi de Naples (1767-1815)

Découvre à travers son portrait et son histoire le beau-frère de Napoléon et l'un des cavaliers les plus doués du Premier Empire.    

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I. Que voit-on sur ce portrait ?

Lorsque Joachim Murat demande au peintre Antoine-Jean Gros de faire ce très grand portrait en 1811 (le tableau fait 3m43 sur 2m80 !), il est le roi de Naples depuis trois ans (1808) et veut qu’on représente de manière triomphale sa réussite. Pour identifier le royaume, le peintre choisit de représenter le célèbre volcan du Vésuve, avec une colonne de fumée qui s’échappe vers le ciel (en arrière-plan, à droite). Excellent cavalier, Joachim Murat est représenté sur un cheval cabré qu’il maîtrise parfaitement. Il est revêtu d’un uniforme rutilant et porte à la ceinture un sabre richement ouvragé. Surtout, le peintre fait ressortir certaines excentricités de Joachim Murat : les plumes sur son chapeau – appelé chapka – et la peau de panthère qui lui sert de tapis de selle sont caractéristiques du goût de Murat pour l’originalité. Ce tableau est aujourd’hui au musée du Louvre.

II. Qui est Joachim Murat ?

Le grand militaire
Murat naît à la Bastide-Fortunière – aujourd’hui Labastide-Murat (département du Lot) – dans le sud-ouest de la France, le 25 mars 1767. Il est d’origine très modeste, son père est un simple aubergiste.. Grâce à sa bravoure, il gravit peu à peu les échelons militaires, jusqu’à devenir général de division le 25 juillet 1799, durant la bataille d’Aboukir lors de la campagne d’Égypte. Des éléments orientaux du tableau rappellent ce passé : la peau du tigre et le sabre recourbé comme celui des Turcs. Devenu maréchal en 1804, il participe à toutes les grandes batailles des campagnes de Napoléon, notamment à Austerlitz (1805), à Iéna (1806), à Eylau (1807) ou à Borodino (1812). Napoléon le considère comme un militaire valeureux mais parfois trop impulsif et irréfléchi.

Le beau-frère de Napoléon
Joachim Murat n’est pas qu’un militaire de haut rang de l’Empereur. Peu après son retour d’Égypte en 1800, il a épousé Caroline Bonaparte, la plus jeune soeur de Napoléon. Ils auront 4 enfants ensemble : Achille, Laetizia, Lucien et Louise. Membre de la famille, Joachim Murat est fait prince puis grand-duc de Berg et de Clèves, le 30 mars 1806, puis roi de Naples, sous le titre de Joachim-Napoléon, le 15 juillet 1808. Caroline règne avec son mari et leurs visions de la politique divergent souvent. Le couple n’est d’ailleurs pas toujours en très bons termes avec Napoléon lui-même.

La triste fin de Joachim Murat
Murat tente d’être de plus en plus indépendant de Napoléon et, après la débâcle de la campagne d’Allemagne en 1813, il pense que l’Empire de Napoléon Ier est fini. Il tente alors de négocier avec l’Autriche une paix séparée pour son royaume. Beaucoup de fidèles de l’Empereur ne lui pardonneront pas cette trahison. Pourtant, quand les événements se précipitent après cette campagne en Allemagne puis en France, et que Napoléon est envoyé dans un premier exil, sur l’île d’Elbe en 1814, les deux beaux-frères s’envoient très vite des lettres secrètes. Dès qu’il apprend que Napoléon est de retour en France après avoir fui Elbe pour reprendre le pouvoir (ce sera l’épisode des Cent-Jours), Murat tente de le rejoindre et rompt son alliance avec l’Autriche. Mais il envahit imprudemment les territoires du Pape qui sont au nord de Naples et donc sur le plus court chemin pour retourner en France. Le pape se sent menacé et fuit. Murat tente également d’encourager un mouvement révolutionnaire en Italie pour créer un état unique rassemblant tous les Italiens dans un royaume qu’il dirigerait. Les puissances étrangères alliées contre Napoléon, Autriche en tête, décident alors d’arrêter Murat dans sa progression. Les 2 et 3 mai a lieu la bataille de Tolentino qui marque la défaite de Murat en Italie. Il n’arrivera jamais à temps pour la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815. Après la chute définitive de l’Empire, il se cache dans un premier temps en Corse, puis il tente de revenir pour encourager une révolution en Italie mais il échoue. Il est fait prisonnier dans ce pays, à Pizzo, et est exécuté le 13 octobre 1815. Son corps n’a jamais été retrouvé.

(Marie de Bruchard, septembre 2015)

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