+
10 ans
Jeunes
historiens

Les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile

Partager

Napoléon Ier a doté Paris de plusieurs monuments à la gloire de son armée : découvrons l’histoire de deux d’entre eux, les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile.

Un arc de triomphe, pour quoi faire ?

Édifice imposant, richement décoré de sculptures, l’arc de triomphe est un monument d’origine romaine. Son nom vient de la forme voûtée des passages entre les piliers. Le plus souvent, il est situé à l’entrée d’une ville ou sur une place. Quand l’arc est construit pour célébrer les victoires d’une armée et marquer la puissance d’un roi ou d’un empereur, il est construit en pierres. Parfois, on utilise du bois et des toiles peintes pour monter un arc temporaire, à l’occasion d’une fête particulière, un mariage royal par exemple.

Aujourd’hui, Paris compte quatre arcs de triomphe.
Louis XIV a fait construire deux arcs de triomphe, que l’on appelle porte : la porte Saint-Martin et la porte Saint-Denis.

Après sa campagne victorieuse contre l’armée d’Autriche en 1805, Napoléon décide, en 1806, de faire construire deux arcs de triomphe.

    • L’arc de triomphe de l’Étoile est construit à l’entrée de la capitale, et sert de point de départ à l’allée des Champs-Élysées en allant vers le centre de Paris.
    • L’arc de triomphe du Carrousel est construit entre deux palais : le palais du Louvre, devenu un musée, et le palais des Tuileries : ce palais est le siège du pouvoir, Napoléon y habite quand il est à Paris, comme les rois suivants et l’Empereur Napoléon III. Ce palais a brûlé en 1871 lors de la Commune*. L’arc du Carrousel marque donc l’entrée officielle du palais impérial, surveillée par des gardes et délimitée par une grille.

    * Peu après la chute de l’Empire et de Napoléon III en 1870, une partie de la population parisienne se soulève en 1871 contre le nouveau gouvernement français et les nouvelles autorités de la ville : c’est la Commune, un mouvement insurrectionnel de mars à mai 1871.

    Au premier plan le jardin et le palais des Tuileries, puis la cour du Louvre avec l’arc de triomphe du Carrousel ; le quadrilatère est fermé au dernier plan par le musée du Louvre ;
    vue vers 1850, par Charles Fichot © DR

     

    L’arc de triomphe du Carrousel

    Décidée en 1806, la construction est terminée en 1808, soit moins de deux ans de travaux !

    L’arc fait plus de 14 mètres de haut, plus de 19 mètres de long et plus de 8 mètres de large.

    Les architectes préférés de Napoléon Ier, Charles Percier et Pierre Fontaine, dessinent un arc tétrapyle, c’est-à-dire que chaque face est percée d’une entrée.

     

    Place du Carrousel, arc tourné vers le palais du Louvre, photo E. Baldus, 1853 © Wikimedia Commons

     

    Huit colonnes de marbre rose sont surmontées de soldat appartenant à un corps de la Grande Armée :

    • côté Louvre, de gauche à droite, on voit un cuirassier, un dragon, un chasseur à cheval, un carabinier ;
    • côté jardin des Tuileries, de gauche à droite, on voit un grenadier, un carabinier de ligne, un canonnier et un sapeur.

    Des bas-reliefs (ce sont des sculptures sur une surface) racontent les épisodes de la campagne d’Autriche de 1805 et la défaite de l’armée de l’empereur d’Autriche François Ier.

    • face au Louvre : la capitulation d’Ulm et la bataille d’Austerlitz ;
    • côté rue de Rivoli : l’entrée à Munich et Napoléon ramenant le roi de Bavière ;
    • face au jardin des Tuileries : l’entrée à Vienne et l’entrevue des deux empereurs français et autrichien, Napoléon Ier et François Ier ;
    • côté Seine : la Paix de Presbourg, signée le 26 décembre 1805.

    Sur le toit est placé un quadrige* en bronze, encadré par deux statues féminines dorées qui symbolisent la victoire. Les chevaux ont été ramenés de Venise par l’armée française. Une statue de Napoléon conduit le char, mais cela déplaît à Napoléon qui demande le retrait de la statue. Pendant plusieurs années, le quadrige reste sans conducteur.

    À la chute de Napoléon Ier en 1815, les chevaux de Venise sont rendus à l’Italie. Ils devaient être remplacés par une copie exacte, mais le sculpteur François-Joseph Bosio s’en inspire pour réaliser de nouveaux chevaux aux attitudes (tête, jambes) différentes. La statue placée au centre est une allégorie** de la Restauration, le nouveau régime de la France. Les deux statues dorées sont celles qui ont été créées pour Napoléon.

    * Un quadrige est un ensemble constitué d’un char sur deux roues tiré par quatre chevaux de front, sur la même ligne.

    ** Une allégorie est une œuvre artistique utilisant des éléments concrets (homme, femme, enfant, animal, fleurs ou objets) pour exprimer une pensée ou un concept.

    L’arc du Carrousel, quadrige par François Joseph Bosio CC Pierre Selim, 2012

    L’arc de triomphe de l’Étoile

    Napoléon Ier ne verra jamais l’arc de l’Étoile fini. L’argent manque et des difficultés techniques ralentissent le chantier. L’arc est terminé en 1836.

    Il mesure plus de 49 mètres de haut, plus de 44 mètres de longueur et plus de 22 mètres de large.

    Une longue frise sculptée de 157 mètres de long fait le tour de l’édifice : elle raconte Le Départ et le Retour des Armées françaises, et a été réalisée par six artistes.
    Sur les deux faces principales, quatre hauts-reliefs sculptés célèbrent des épisodes illustrant la guerre et  la paix :

    • le Départ des volontaires de 1792, appelé aussi La Marseillaise ;
    • le Triomphe de 1810, appelé aussi l’Apothéose de Napoléon Ier ;
    • la Résistance de 1814, la France est envahie par les armées russe, autrichienne et prussienne (c’est-à-dire allemande) ;
    • la Paix de 1815.
    Le triomphe de 1810, arc de triomphe de l’Étoile CC NonOmnisMoriar 2011

     

    Sous les arches, les noms de 658 amiraux, maréchaux et généraux du Premier Empire sont gravés.

    Plusieurs projets sont étudiés pour orner le toit d’un ensemble de sculptures, mais finalement le toit reste libre aujourd’hui.

    En 1821, Napoléon Ier meurt en exil, sur l’île de Sainte-Hélène. En 1840, son corps est rapatrié en France pour être enterré aux Invalides. Son cortège funéraire passe sous l’arc de triomphe terminé quatre ans plus tôt.

    Funérailles de l’empereur Napoléon. Arrivée du cortège à la barrière de l’Étoile, 15 décembre 1840 © Fondation Napoléon / P. Maurin-Berthier

     

    Irène Delage, août 2018

Partager