Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, ou Le tombeau de Napoléon

Artiste(s) : VERNET Horace(d'après)
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Cette carte postale a été réalisée d’après un tableau d’Horace Vernet, de 1821, aujourd’hui perdu.

Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, ou Le tombeau de Napoléon
Allégorie de l'exil et de la mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, ou Le tombeau, d'après Horace Vernet (1821)
© Fondation Napoléon / Rebecca Young

L’œuvre

La composition est traversée par plusieurs diagonales (tracées de gauche/haut à droite/bas), l’écume des vagues frappant le rocher, l’ancre et le morceau de navire portant inscriptions, le rayon de lumière traversant les nuages pour éclairer la tombe, les rangs de silhouettes des « grognards » en arrière plan du groupe d’officiers rendant hommage à l’empereur. Au centre figure la modeste tombe en pierres de Napoléon, sur laquelle reposent son bicorne et son épée. À gauche, un groupe de personnes éplorées réunit le général Charles-Tristan Montholon (1783-1853), et agenouillés le général Henri-Gatien Bertrand (1773-1844), sa femme Fanny (1785-1836), et leurs quatre enfants (dont Arthur, né à Sainte-Hélène en 1817). Sur le côté de la tombe, des chaînes soudées au rocher mais rompues peuvent évoquer la fin de l’exil et de la captivité de Napoléon : la légende, le mythe, loin des bassesses terrestres, peuvent désormais se déployer.

Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, ou Le tombeau, d’après H. Vernet, 1821 : la tombe (détail) © Fondation Napoléon / Rebecca Young

 

Survivront les noms de glorieuses batailles, listés sur un débris de bois d’un navire brisé : Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Wagram, Moscowa, Montmirail,… Ligny, W[aterloo].

 

Allégorie de l'exil et de la mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, ou Le tombeau, d'après Horace Vernet (1821) : détail, les noms de bataille © Fondation Napoléon / Rebecca Young
Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, ou Le tombeau, d’après Horace Vernet (1821) : détail, les noms de bataille © Fondation Napoléon / Rebecca Young

 

À droite, il est plus difficile d’identifier les militaires, portant couronne de laurier. De gauche à droite, on peut tenter de reconnaître le « général hussard » Antoine de Lasalle, la main droite levée (1775-1809, mort à Wagram), le général Jean-Baptiste Kléber (1753-1800, assassiné au Caire), le maréchal Jean Lannes, la main droite sur le cœur (1769-1809, mort de ses blessures sur l’île de Lobau, peu après la bataille d’Essling), derrière lui le maréchal Jean-Baptiste Bessières (1768-1813, tué par un boulet à Rippach, la veille de la bataille de Lützen). Plus à droite pourrait se tenir le maréchal Joseph Antoine Poniatowski, les bras levés (1763-1813, mort lors de la bataille de Leipzig).
À l’extrême droite, le personnage assis pourrait être une représentation du général Bonaparte, regardant l’accomplissement de son destin.

Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, ou Le tombeau, d’après H. Vernet, 1821 : les militaires (détail) © Fondation Napoléon / Rebecca Young

 

Une réplique, en couleurs, réalisée en octobre 1821 avec quelques variantes, est conservée à la Wallace collection de Londres (voir en grand). Son premier propriétaire identifié fut le banquier Jacques Laffitte (1767-1844).

La Tombe de Napoléon, Horace Vernet, 1821 © Wallace Collection
La Tombe de Napoléon, Horace Vernet, 1821 © Wallace Collection

 

Le peintre Horace Vernet (1789-1863)
Né dans une famille de peintres renommés (son père est Carle Vernet (1758-1836), son grand-père Claude Joseph Vernet (1714-1789), Horace Vernet révèle son talent avec des scènes de batailles et des sujets orientaux. Fervent bonapartiste, beau-père du peintre Paul Delaroche (1797-1856), il est notamment l’auteur de Napoléon Ier passant en revue la Garde avant la bataille d’Iéna, La bataille de Wagram, La Barrière de Clichy, défense de Paris le 30 mars 1814, Napoléon sortant de son tombeau.

Irène Delage, février 2021

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